Les filles faciles n’existent pas


À travers une enquête minutieuse, l’essayiste Natacha Henry nous offre un réquisitoire implacable sur le nouvel âge du sexisme.

Après le temps vantant l’amour libre, l’émancipation sexuelle ou la femme libérée, un vent mauvais, contre-révolutionnaire et misogyne, souffle sur notre pays. En effet, en dépit des discours sur l’égalité homme-femme et l’image ultra-médiatisée de quelques femmes, plus ou moins jeunes, assumant pleinement leur liberté justement se dissimule une réalité bien moins réjouissante.

Fille facile, fille trop libre

En France comme dans de nombreux pays démocratiques, les « moralitaires » tentent d’imposer, avec un certain succès souvent, leur vision archaïque et paternaliste de l’éducation et des femmes. Hier « catin » aujourd’hui « tentatrice », leur cible privilégiée, véritable sorcière des temps modernes, est la « fille facile », celle qui « couche le premier soir » , celle qui est la maîtresse du patron, celle qui porte un string apparent et/ou celle qui multiplie apparemment les partenaires. Cette « fille facile » est même devenue l’archétype de la femme « trop libre ». Mais peut-on véritablement être « trop libre » ? En tentant de s’imposer à travers projections fantasmatiques, discours réactionnaires et jugements subjectifs, cette idée de « fille facile », de traînée ou de « te-pu », notre société adopte de fait un nouvel instrument de contrainte sexiste au service d’une morale conservatrice.

-  Les filles faciles n’existent pas, Natacha Henry, aux éditions Michalon. Sortie le 24 janvier 2008 192 pages - 16 euros